CREATION D'UN ESPACE PUBLIC EN COEUR DE VILLE - LAUREAT EUROPAN 11    Lieu  Aigle 1860, Suisse   Date  Décembre 2011 Mission  Étude stratégie urbaine, maîtrise d’oeuvre pour la création d’un espace public en marbre blanc    Equipe projet  FMAU (mandataire) / VTA, AJI    Maîtrise d’ouvrage  Ville d’Aigle, Europan    Superficie    9 ha étude urbaine, 2375 m2 maîtrise d’oeuvre   Montant des travaux  2,6 M CHF HT    Crédits Photographiques   © FMAU      Comment réveiller un village Suisse de 8000 habitants qui possède déjà tout ?   Aigle compte 8 757 habitants. L’enquête d’évaluation de l’image de la ville1 conclut que « du point de vue de ses habitants, la ville d’Aigle ne souffre d’aucun problème grave touchant à la qualité de ses infrastructures ». Et pour cause. Avec un nœud ferroviaire majeur, une connexion directe à l’autoroute, et plusieurs études urbaines et territoriales en cours, le développement de la ville est projeté durablement.  L’offre des services, de logements, d’équipements est très satisfaisante. Et l’impressionnant paysage de vignes et de montagne achève de rendre la ville désirable. La même enquête explique néanmoins qu’« Aigle est […] en manque de convivialité. Elle souffre d’un sérieux déficit d’image quant à sa créativité ainsi qu’à la pauvreté perçue des événements ou infrastructures culturels. Elle a enfin mal en son centre-ville. »  Nous libérons l’espace situé entre l’église et une minoterie pour en faire un lieu hautement stratégique et offrir un vis-à-vis inédit entre les deux bâtiments. Deux rues desservant un tramway sont ainsi reliées. Chaque extrémité marque un arrêt du train Aigle-Leysin. Un vaste calepinage en marbre de Carrare, en finition frottée, recouvre le sol.         

 

 

CREATION D'UN ESPACE PUBLIC EN COEUR DE VILLE - LAUREAT EUROPAN 11

Lieu Aigle 1860, Suisse  Date Décembre 2011Mission Étude stratégie urbaine, maîtrise d’oeuvre pour la création d’un espace public en marbre blanc   Equipe projet FMAU (mandataire) / VTA, AJI   Maîtrise d’ouvrage Ville d’Aigle, Europan   Superficie   9 ha étude urbaine, 2375 m2 maîtrise d’oeuvre  Montant des travaux 2,6 M CHF HT   Crédits Photographiques  © FMAU

 

Comment réveiller un village Suisse de 8000 habitants qui possède déjà tout ?

Aigle compte 8 757 habitants. L’enquête d’évaluation de l’image de la ville1 conclut que « du point de vue de ses habitants, la ville d’Aigle ne souffre d’aucun problème grave touchant à la qualité de ses infrastructures ». Et pour cause. Avec un nœud ferroviaire majeur, une connexion directe à l’autoroute, et plusieurs études urbaines et territoriales en cours, le développement de la ville est projeté durablement.

L’offre des services, de logements, d’équipements est très satisfaisante. Et l’impressionnant paysage de vignes et de montagne achève de rendre la ville désirable. La même enquête explique néanmoins qu’« Aigle est […] en manque de convivialité. Elle souffre d’un sérieux déficit d’image quant à sa créativité ainsi qu’à la pauvreté perçue des événements ou infrastructures culturels. Elle a enfin mal en son centre-ville. »

Nous libérons l’espace situé entre l’église et une minoterie pour en faire un lieu hautement stratégique et offrir un vis-à-vis inédit entre les deux bâtiments. Deux rues desservant un tramway sont ainsi reliées. Chaque extrémité marque un arrêt du train Aigle-Leysin. Un vaste calepinage en marbre de Carrare, en finition frottée, recouvre le sol.

 

 

 

        

 

 

 

 Cinq objets, également en marbre (finition adoucie) complètent le dispositif : une colonnade triangulaire, une porte pivotante, une passerelle, un mur perforé, et un escalier. Nous ne leur attribuons aucune fonction, aucun usage. Leur silhouette fait appel à des sensations anciennes, une impression familière et bienveillante. Ces figures urbaines, implantées très précisément entre elles, accompagnent dans un même temps les bâtiments environnants : la colonnade et l’église, l’escalier et le pignon sud de la minoterie, le mur perforé et le jardin d’une maison mitoyenne, la passerelle et les arches du bâtiment jaune, la porte pivotante et la façade est de la minoterie. L’ensemble n’indique aucun programme particulier, mais devient le support d’une aménité au renouvellement permanent.       

Cinq objets, également en marbre (finition adoucie) complètent le dispositif : une colonnade triangulaire, une porte pivotante, une passerelle, un mur perforé, et un escalier. Nous ne leur attribuons aucune fonction, aucun usage. Leur silhouette fait appel à des sensations anciennes, une impression familière et bienveillante. Ces figures urbaines, implantées très précisément entre elles, accompagnent dans un même temps les bâtiments environnants : la colonnade et l’église, l’escalier et le pignon sud de la minoterie, le mur perforé et le jardin d’une maison mitoyenne, la passerelle et les arches du bâtiment jaune, la porte pivotante et la façade est de la minoterie. L’ensemble n’indique aucun programme particulier, mais devient le support d’une aménité au renouvellement permanent. 

 

 

 Plan cadastral

Plan cadastral

    Hydrologie. L’eau de pluie remplit tous les mois une réserve en pente douce. Une chasse à auget régule le niveau en fonction de l’utilisation de la place. Ni avaloir, ni grille. Aucune pièce de fonte ni dispositif d’évacuation souterrain. Seulement du marbre et une eau à la stagnation contrôlée, support de nouvelles activités. Les eaux de ruissellement du parvis de l’église sont collectées de façon superficielle dans une noue à hélophytes. Sur le reste du marbre, le traitement frotté de la pierre le rend volontairement poreux. Au fil du temps et de l’orientation solaire, les lichens et mousses colonisent le sol, redessinent les contours de l’espace. Blanche dans les lieux ensoleillés, la pierre devient grise, brune, verte dans les coins abrités.   On a tous besoin d’un lieu pour rien. Un lieu beau, bien construit, permanent et changeant, généreux et mystérieux. Deux mille quatre cents mètres carrés de marbre blanc et velouté. Cinq objets, une réserve d’eau et une noue.      

 

Hydrologie. L’eau de pluie remplit tous les mois une réserve en pente douce. Une chasse à auget régule le niveau en fonction de l’utilisation de la place. Ni avaloir, ni grille. Aucune pièce de fonte ni dispositif d’évacuation souterrain. Seulement du marbre et une eau à la stagnation contrôlée, support de nouvelles activités. Les eaux de ruissellement du parvis de l’église sont collectées de façon superficielle dans une noue à hélophytes. Sur le reste du marbre, le traitement frotté de la pierre le rend volontairement poreux. Au fil du temps et de l’orientation solaire, les lichens et mousses colonisent le sol, redessinent les contours de l’espace. Blanche dans les lieux ensoleillés, la pierre devient grise, brune, verte dans les coins abrités. 

On a tous besoin d’un lieu pour rien. Un lieu beau, bien construit, permanent et changeant, généreux et mystérieux. Deux mille quatre cents mètres carrés de marbre blanc et velouté. Cinq objets, une réserve d’eau et une noue.

 

 

 Carrière de Carrare   

Carrière de Carrare

 

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